Maladie de Crohn - Manifestations orales
Données signalétiques : Jeune homme de 22 ans.
Comorbidités : Suivi pour des douleurs abdominales chroniques et des diarrhées.
Plainte buccale : Gêne esthétique liée à un gonflement de la lèvre et douleurs vestibulaires.
Examen clinique :
- Lèvres : Tuméfaction labiale inférieure ferme, élastique, non inflammatoire, persistante (Macrochéilite).
- Vestibule : Présence d'ulcérations linéaires au fond du vestibule, à bords surélevés, hyperplasiques, aspect en "pavés".
- Gencive : Gingivite hyperplasique granuleuse.
Quelle maladie inflammatoire chronique de l'intestin (MICI) suspectez-vous fortement devant cette association de signes buccaux et digestifs ? Justifiez.
Diagnostic : Maladie de Crohn.
Justifiez : Le tableau clinique associe des signes digestifs (douleurs, diarrhées) à des manifestations orales pathognomoniques de la maladie de Crohn : ulcérations linéaires en 'pavés', macrochéilite persistante (syndrome de Melkersson-Rosenthal), hyperplasie gingivale granuleuse. Ces lésions peuvent précéder les signes digestifs.
[Sources : 122, 124, 125, 130, 1468, 1469]
Si vous réalisez une biopsie d'une lésion vestibulaire, quelle structure histologique pathognomonique recherchez-vous ? Justifiez.
Structure histologique : Granulome tuberculoïde non caséifiant (ou follicule de Koester sans nécrose caséeuse).
Justifiez : L'examen anatomopathologique est indispensable. Il met en évidence un granulome constitué de cellules épithélioïdes, de lymphocytes et de cellules géantes. L'absence de nécrose caséeuse permet de le différencier de la tuberculose.
[Sources : 126, 1472]
Quels carences vitaminiques ou minérales peuvent aggraver les lésions muqueuses (aphtes) ? Citez-en deux. Justifiez.
Carences à rechercher : Fer (Ferritine), Vitamine B12 (Cobalamine), Zinc ou Folates.
Justifiez : La maladie de Crohn entraîne une malabsorption intestinale. Ces carences sont des facteurs étiologiques directs d'ulcérations aphtoïdes et de glossites.
[Sources : 126, 1470, 26]
Quelle classe d'antalgiques/anti-inflammatoires est formellement déconseillée (voire contre-indiquée) chez ce patient en poussée digestive ? Justifiez.
Classe déconseillée : Les Anti-Inflammatoires Non Stéroïdiens (AINS).
Justifiez : Les AINS sont formellement à proscrire chez les patients atteints de MICI car ils peuvent déclencher ou aggraver une poussée évolutive digestive sévère et provoquer des complications gastro-intestinales.
[Sources : 128, 131, 20]
En cas d'aphtose sévère associée, quel traitement topique prescrivez-vous en première intention ? Quel immunosuppresseur systémique est parfois utilisé dans les formes graves ? Justifiez.
Traitement topique : Corticothérapie locale (ex: Clobétasol).
Immunosuppresseur systémique : Azathioprine (ou Méthotrexate / Anti-TNF alpha).
Justifiez : Les lésions buccales répondent bien aux corticoïdes topiques. Dans les formes sévères, le traitement de fond de la maladie digestive (immunosuppresseurs) permet souvent la rémission des lésions orales.
[Sources : 127, 1473, 11]