Cas N°27 : Pathologie Respiratoire (Item 03)

Asthme et BPCO

ÉNONCÉ

LE TERRAIN Données signalétiques : Homme de 55 ans.
Comorbidités :
• Asthme persistant modéré, traité par corticoïdes inhalés et bêta-2 mimétiques.
• Fumeur (30 PA), toux chronique matinale évoquant une BPCO débutante.
Motif de consultation : Avulsions multiples sous anesthésie locale. Patient très anxieux.

Question 1 : Risque Médical

Quel est le risque principal peropératoire chez ce patient asthmatique anxieux ? Citez deux facteurs déclenchants possibles au cabinet dentaire. Justifiez.

Risque principal : Survenue d'une crise d'asthme aiguë (ou bronchospasme) au fauteuil.
Facteurs déclenchants (2 au choix) :
- Le Stress (ou l'anxiété) lié aux soins.
- Les Allergènes (latex) ou les Irritants (produits chimiques, odeurs).

Justifiez : Le référentiel indique que le stress joue un rôle majeur dans le déclenchement d'une crise chez le patient asthmatique. De plus, l'asthme se caractérise par une hyper-réactivité des voies aériennes à de multiples stimuli (allergènes, irritants).
[Sources : 642, 643, 649]

Question 2 : Prescription (Précaution)

Vous envisagez une sédation pour gérer son anxiété. Quelle classe de médicaments (utilisée pour la sédation) est à manipuler avec une extrême prudence voire à éviter chez l'insuffisant respiratoire (risque de dépression respiratoire) ? Justifiez.

Classe médicamenteuse : Les Barbituriques ou les Narcotiques (Opioïdes).
Note : Les benzodiazépines peuvent être utilisées mais avec surveillance.

Justifiez : Ces molécules sont des dépresseurs respiratoires centraux. Chez un patient insuffisant respiratoire (BPCO, asthme), leur administration est formellement contre-indiquée (ou à éviter) pour la prémédication sédative car elles peuvent aggraver l'hypoventilation ou masquer les signes de détresse. Le MEOPA est l'approche de choix.
[Sources : 639, 676, 1270]

Question 3 : Intéractions

Le patient prend de la Théophylline (bronchodilatateur). Quel antibiotique (Macrolide) est formellement contre-indiqué en association (risque de surdosage en théophylline) ? Justifiez.

Antibiotique contre-indiqué : L'Érythromycine (Macrolide).

Justifiez : L'association de l'érythromycine avec la théophylline entraîne un risque de potentialisation de l'action de la théophylline (inhibition de son métabolisme hépatique). Cela implique un risque de surdosage et l'apparition d'effets toxiques graves (convulsions, hyperthermie, troubles du rythme cardiaque/arrêt cardiaque).
[Sources : 652]

Question 4 : Urgence

En cas de crise d'asthme aiguë au fauteuil ne cédant pas aux bouffées de Salbutamol, quelle est la conduite à tenir immédiate (position, oxygène, SAMU) ? Justifiez.

Conduite à tenir immédiate :
- Arrêt des soins.
- Position : Assise ou semi-assise (pour faciliter le travail des muscles respiratoires accessoires).
- Oxygène : Oxygénation au masque à haut débit (15 L/min).
- Alerte : Appel du SAMU (15).

Justifiez : Face à une crise persistant malgré les bronchodilatateurs (bêta-2 mimétiques), il s'agit potentiellement d'un asthme aigu grave (état de mal asthmatique), urgence vitale nécessitant une prise en charge hospitalière.
[Sources : 651, 1271]

Question 5 : Manifestation buccale

Quelle pathologie muqueuse (candidose) est fréquemment associée à l'usage chronique des corticoïdes inhalés ? Quel conseil d'hygiène donnez-vous après chaque prise ? Justifiez.

Pathologie muqueuse : Candidose buccale (érythémateuse ou pseudomembraneuse/muguet).
Conseil d'hygiène : Se rincer la bouche (gargarisme) à l'eau après chaque inhalation.

Justifiez : La corticothérapie locale en aérosol (traitement de fond de l'asthme) favorise le développement local de Candida albicans par immunodépression locale et modification de l'écologie buccale. Le rinçage élimine les résidus de corticoïdes sur la muqueuse.
[Sources : 347, 650]