Cas N°29 : Psychiatrie & Addictions (Items 13 & 16)

Cocaïne et Schizophrénie

ÉNONCÉ

LE TERRAIN Données signalétiques : Homme de 30 ans.
Comorbidités :
• Schizophrénie stabilisée sous neuroleptiques.
• Consommateur régulier de Cocaïne (sniff).
Motif : Soins dentaires conservateurs.
Examen clinique : Destruction de la cloison nasale, lésions érosives du palais dur. Hyposialie marquée.

Question 1 : Lésion spécifique

Quel est le mécanisme de la perforation palatine ou de la cloison nasale chez le cocaïnomane (vasoconstriction) ? Justifiez.

Mécanisme : Nécrose ischémique par vasoconstriction puissante et répétée des vaisseaux muqueux.

Justifiez : La cocaïne est un puissant vasoconstricteur. Son application locale répétée (sniff) entraîne une ischémie chronique de la muqueuse nasale et palatine, conduisant à des ulcérations, des perforations nasales (cloison) et des perforations palatines par nécrose tissulaire.
[Sources : 4, 852]

Question 2 : Anesthésie

Pourquoi l'utilisation d'anesthésiques avec vasoconstricteurs (adrénaline) est-elle risquée si le patient a consommé de la cocaïne récemment (< 24h) ? (Risque cardiaque). Justifiez.

Risque : Accident cardio-vasculaire grave (troubles du rythme, hypertension sévère, infarctus).

Justifiez : Il existe une contre-indication formelle à l'utilisation d'anesthésiques avec vasoconstricteurs (adrénaline) si la prise de cocaïne remonte à moins de 24 heures. La cocaïne potentialise l'effet des catécholamines, augmentant le risque de toxicité cardiaque et d'arythmie. De plus, l'efficacité des anesthésiques locaux est souvent diminuée chez ces patients (addictions), nécessitant des doses plus élevées qui majorent la toxicité.
[Sources : 4, 8, 301]

Question 3 : Interactions

Le patient est sous neuroleptiques (antipsychotiques). Quel effet secondaire fréquent de ces médicaments complique les soins dentaires (au niveau salivaire et moteur) ? Justifiez.

Effets secondaires des neuroleptiques :
- Hyposialie (Xérostomie) : Effet anticholinergique fréquent favorisant les caries et parodontopathies.
- Troubles moteurs (Dyskinésies / Trismus) : Effets extrapyramidaux pouvant gêner l'ouverture buccale ou provoquer des mouvements involontaires.

Justifiez : Les neuroleptiques (antipsychotiques) font partie des principales classes médicamenteuses induisant une hyposialie marquée (source de caries multiples). Ils peuvent également induire des trismus ou des dystonies musculaires compliquant l'accès aux soins.
[Sources : 59, 1796, 1843]

Question 4 : Hémostase

La consommation chronique d'alcool (souvent associée) ou de drogues peut perturber l'hémostase. Quel bilan demandez-vous avant une chirurgie ? Justifiez.

Bilan préopératoire : Numération Formule Sanguine (Plaquettes) et Bilan de coagulation (TP, TCA).

Justifiez : L'abus d'alcool (fréquemment associé à la cocaïne et à la schizophrénie) entraîne une toxicité hépatique pouvant mener à une cirrhose (baisse des facteurs de coagulation -> allongement du TP) et une toxicité médullaire (alcool) ou une hypertension portale (hypersplénisme) entraînant une thrombopénie. Un bilan d'hémostase est recommandé avant tout acte invasif en cas de doute sur une intoxication alcoolique chronique.
[Sources : 3, 8, 10, 854]

Question 5 : Prise en charge

Le patient présente une dyskinésie tardive (mouvements involontaires bucco-linguaux). Est-ce une conséquence de la drogue ou du traitement neuroleptique ? Justifiez.

Origine : Traitement neuroleptique.

Justifiez : Bien que la cocaïne puisse provoquer des bruxismes ou des mouvements anormaux aigus, les dyskinésies tardives (mouvements involontaires bucco-linguaux-faciaux) sont un effet secondaire classique et parfois irréversible de l'imprégnation chronique par les neuroleptiques (antipsychotiques) utilisés pour stabiliser la schizophrénie.
[Sources : 1796, 1797]