Une patiente de 42 ans, non fumeuse, en bonne santé générale, consulte pour une doléance esthétique concernant son implant en site de 21, posé il y a 3 ans. Elle rapporte que sa "gencive remonte" et qu'un liseré grisâtre est apparu récemment, rendant son sourire disgracieux.
L'examen clinique met en évidence une couronne implanto-portée sur la 21 présentant une longueur clinique supérieure à la dent controlatérale (11).
Au niveau des tissus mous péri-implantaires de la 21 :
Le rebord muqueux vestibulaire a migré apicalement, exposant le col de l'implant et une partie du pilier prothétique métallique.
La muqueuse péri-implantaire apparaît fine et transparente (transparition du titane).
L'examen à la sonde parodontale révèle une absence totale de tissu kératinisé en vestibulaire et une muqueuse mobile tractée par les freins lors des mouvements labiaux.
Le sondage est de 3 mm sans saignement abondant ni suppuration.
L'analyse occlusale ne montre pas de surcharge.
La radiographie rétro-alvéolaire montre un niveau osseux interproximal stable, situé au niveau du col de l'implant, mais suggère une absence de table osseuse vestibulaire (transparence cervicale).
Question 1 : Diagnostic et Définition
Quel est votre diagnostic précis concernant l'anomalie des tissus mous observée sur la 21 ? Définissez cette entité pathologique selon les données actuelles de la littérature.
Définition : La déhiscence péri-implantaire se définit comme la migration apicale du rebord muqueux péri-implantaire exposant une partie des composants prothétiques (pilier), le col ou la surface de l'implant [Source 1135].
Note : Elle se manifeste par une dysharmonie de la longueur de la couronne clinique par rapport à la dent homologue et/ou une exposition des composants métalliques [Source 1135].
Question 2 : Facteurs de risque
À partir de l'analyse du cas, identifiez et classez les facteurs de risque ayant contribué à l'apparition de cette lésion chez cette patiente.
Correction
L'étiologie est multifactorielle. Chez cette patiente, on relève les facteurs de risque majeurs décrits dans la littérature [Source 1137, 1138] :
Positionnement de l'implant (Malposition) : La déhiscence suggère une position trop vestibulée de l'implant, qui est un facteur de risque majeur de récession muqueuse.
Absence d'os vestibulaire : La radio suggère une table osseuse vestibulaire mince ou absente. L'épaisseur de la table osseuse est critique pour le soutien des tissus mous.
Phénotype muqueux : La muqueuse est décrite comme "fine". La finesse des tissus mous est un facteur prédisposant majeur à la déhiscence [Source 1138].
Absence de tissu kératinisé (TK) : L'absence de TK rend la muqueuse marginale mobile et plus fragile face aux traumatismes (brossage) et à l'inflammation [Source 1138].
Question 3 : Conséquences
Quelles sont les conséquences cliniques potentielles de cette lésion si elle n'est pas traitée, au-delà du préjudice esthétique ?
Correction
Au-delà de l'esthétique, la déhiscence des tissus mous est associée à :
Difficultés de contrôle de plaque : L'absence de TK et la morphologie de la lésion compliquent l'hygiène [Source 1135].
Inflammation : Des scores de plaque et de saignement au sondage (mucosite) plus élevés sont souvent retrouvés sur les sites avec déhiscence [Source 1135].
Risque de progression : L'inflammation chronique peut favoriser la perte osseuse marginale et potentiellement évoluer vers une péri-implantite.