Cas Clinique N°25 : Contentions Parodontales

Traitement pluridisciplinaire / Contentions

ÉNONCÉ DU CAS CLINIQUE

Un patient de 58 ans, traité pour une parodontite de Stade III généralisée, consulte en urgence au cours de la phase de traitement non chirurgical (après détartrage/surfaçage). Il se plaint d'une gêne masticatoire importante et d'une appréhension à manger sur ses incisives inférieures, craignant qu'elles ne « tombent ».

L'examen clinique révèle :

Le patient refuse pour l'instant toute extraction et souhaite conserver ses dents le plus longtemps possible en retrouvant un confort immédiat.

Question 1 : Indication et Justification
L'indication d'une contention est-elle posée dans cette situation clinique ? Justifiez votre réponse en citant les objectifs précis recherchés à ce stade du traitement selon les recommandations de l'EFP.

Correction

  • Oui, l'indication est posée.
  • Justification (Objectifs selon l'EFP et Référentiel) :
    1. Confort patient : Réduire la mobilité pour rétablir la fonction masticatoire et supprimer la douleur/gêne (le patient est en sous-fonction par peur) [Source 919].
    2. Prévention : Éviter l'expulsion accidentelle ou la luxation des dents très mobiles (Classe 3) [Source 910].
    3. Thérapeutique : Le traumatisme occlusal secondaire entretient la mobilité; la contention permet de répartir les forces [Source 909, 919].
    4. Hygiène : Une dent très mobile est difficile à brosser (douleur). La stabiliser facilite le contrôle de plaque nécessaire à la guérison [Source 910].
Question 2 : Principes biomécaniques
Selon les principes biomécaniques de Roy et du « polygone de contention », quelles dents devez-vous impérativement inclure dans votre système de contention pour qu'il soit efficace ? Justifiez.

Correction

  • Dents à inclure : De la 33 à la 43 (de canine à canine).
  • Justification selon le Principe de Roy :
    • Une contention efficace doit réunir des dents appartenant à au moins deux plans de mobilisation différents pour neutraliser les mouvements [Source 912].
    • Les incisives (plan sagittal) sont mobiles dans le sens vestibulo-lingual. Les canines (plan intermédiaire/frontal) sont les piliers les plus stables ("coin de l'arcade").
    • Relier uniquement les incisives (en ligne droite) ne bloquerait pas la rotation de l'ensemble autour de l'axe passant par les dents terminales. Inclure les canines crée un arc (polygone de contention) qui stabilise l'ensemble dans les trois plans de l'espace [Source 912, 913].
Question 3 : Choix et Dispositif
Quel type de contention (Temporaire, Semi-permanente ou Permanente) choisissez-vous dans l'immédiat ? Décrivez le dispositif technique préconisé.

Correction

  • Type : Contention Semi-permanente (ou transitoire à moyen terme).
    • Pourquoi ? Nous sommes en cours de traitement (étape 2). Il faut stabiliser les dents pour la cicatrisation et le confort, mais se laisser la possibilité de ré-intervenir ou d'extraire si l'évolution est défavorable [Source 916].
  • Dispositif technique : Attelle collée en lingual (Fil métallique ou fibre de verre + Composite) [Source 916].
    • Protocole sommaire : Isolation, mordançage des faces linguales, application d'adhésif, positionnement passif d'un fil (souple ou torsadé) adapté à la courbe de l'arcade de 33 à 43, fixation par plots de composite fluides, polissage soigneux pour éviter la rétention de plaque [Source 916].
Question 4 : Contre-indications
Quelles sont les contre-indications formelles à la réalisation d'une contention que vous devez écarter avant d'intervenir ?

Correction

La contention ne doit pas être réalisée si [Source 911, 916] :

  1. Mobilité axiale sévère (Classe III terminale) : Si la dent n'a plus de support osseux et « pompe » dans l'alvéole, elle est considérée comme perdue (irrémédiable). La contention est alors une perte de chance ou un acharnement thérapeutique.
  2. Impossibilité d'hygiène : Si la contention ferme les embrasures et empêche le passage des brossettes interdentaires, elle aggravera l'inflammation parodontale.
  3. Interférences occlusales non gérées : Si la contention crée une sur-épaisseur gênant l'occlusion ou si elle verrouille une malocclusion sans ajustement préalable.
  4. Manque de coopération : Patient non compliant à l'hygiène stricte requise sous la contention.