Diagnostic, Étiopathogénie & Urgence
Un patient de 23 ans, étudiant en période d'examens, fumeur (25 cigarettes/jour), consulte en urgence pour des douleurs gingivales intenses l'empêchant de s'alimenter et de se brosser les dents depuis 3 jours.
Le patient rapporte une altération de l'état général avec asthénie marquée. Il signale également un « goût métallique » dans la bouche et des saignements gingivaux spontanés nocturnes.
L’examen clinique exobuccal révèle des adénopathies sous-mandibulaires bilatérales sensibles à la palpation. Le patient est fébrile (38,2 °C).
L’examen endobuccal met en évidence une hygiène bucco-dentaire défaillante (accumulation importante de plaque et d'enduit, le brossage étant impossible du fait de la douleur). On observe au niveau des secteurs antérieurs mandibulaires et maxillaires :
Le sondage parodontal est extrêmement douloureux mais réalisable sur quelques sites. Il révèle des profondeurs de poche de 3 à 4 mm sans perte d'attache clinique interproximale détectable au-delà de la nécrose papillaire. Il n'y a pas de mobilité dentaire.
L'examen radiographique (bilan long-cône) ne montre aucune alvéolyse interproximale. Les crêtes osseuses se situent à 1-2 mm de la jonction émail-cément.
Quel est votre diagnostic précis selon la classification de Chicago 2017 ? Justifiez votre réponse en citant la triade clinique pathognomonique.
Diagnostic : Gingivite Nécrosante (GN).
Note : Pas "Parodontite Nécrosante" car l'énoncé précise l'absence de perte d'attache et d'alvéolyse radiographique.
Justification (Triade de la classification) :
Signes associés : Pseudomembranes grisâtres, halitose fétide, signes généraux (fièvre, adénopathies).
Analysez les facteurs de risque prédisposants (locaux et généraux) chez ce patient. Quel examen complémentaire biologique devez-vous prescrire impérativement et pourquoi ?
Facteurs prédisposants identifiés :
Examen complémentaire : Sérologie VIH (et NFS).
Justification : Les maladies parodontales nécrosantes peuvent être la première manifestation clinique d'une immunodépression sévère (VIH/SIDA) ou d'une hémopathie (leucémie). Il est impératif d'écarter une pathologie systémique sous-jacente.
Détaillez votre prise en charge immédiate (au fauteuil et médicamenteuse) en vous référant aux recommandations CNEP SFPIO 2024. Rédigez l'ordonnance.
Traitement Local (Au fauteuil) :
Prescription Médicamenteuse (Ordonnance) :
En l'absence de traitement ou en cas de récidive, vers quelle forme clinique cette pathologie peut-elle évoluer ? Quelle séquelle tissulaire caractéristique risque de compliquer la maintenance future ?
Évolution : Vers la Parodontite Nécrosante (PN) (perte d'attache et lyse osseuse) voire la Stomatite Nécrosante (extension au-delà de la ligne muco-gingivale avec dénudation osseuse).
Séquelle classique : Cratères gingivaux interdentaires (inversion de l'architecture papillaire : cratère au lieu de pyramide).
Conséquence : Zone de rétention de plaque difficile à nettoyer, favorisant la récidive et nécessitant souvent une correction chirurgicale (gingivoplastie) ultérieure.